Avertissement: Cet article à été écrit il y a 20 ans par Robert Laloux il comporte certaines erreurs de nomenclature vu l'évolution de celle-ci. Par respect pour l'auteur aucune correction n'a été apportée
Introduction
Les killis sont généralement très mal connus par les aquariophiles qui n'en ont pas fait leur spécialité, d'autant plus que certains killiphiles prennent plaisir à entretenir ou à laisser subsister un mystère sur cette famille. Pour cette raison, certains aquariophiles croient et propagent des idées tout à fait erronées:
- Ce sont des poissons difficiles à élever: rien n'est plus faux; la plupart des espèces s'élèvent et se reproduisent très facilement.
-
Ils sont très agressifs: c'est peut-être vrai pour quelques espèces, mais en réalité les killis sont plutôt calmes et timides, et nombre d'entre eux peuvent même être conservés dans un bac d'ensemble.
- Il suffit d'un point rouge de plus, ou placé ailleurs sur le corps, pour créer une nouvelle espèce: Les différences de coloration sont souvent très grandes et en tout cas ne se limitent pas à quelques taches. Si des erreurs dans les espèces ont été commises il y a des décades, elles sont corrigées actuellement et ne sont en tout cas plus possibles grâce aux méthodes d'analyse des protéines musculaires réaliasées en laboratoire par électrophorèse et aux essais de croisement et d'hybridation très longs effectués par des amateurs
C'est dans l'espoir de faire un peu mieux connaître ces petits bijoux vivants que cette brochure a été rédigée.
Généralités
Connus depuis le début du XIX e siècle (Aplocheilus panchax a été décrit en 1822 par Hamilton-Buchanan),

les Cyprinodontidae ovipares, populairement appelés killis, n'ont cessé de faire l'objet d'études de plus en plus approfondies par les professionnels d'abord, tels Günther, Meinken, Boulanger, Ahl et bien d'autres, par les amateurs ensuite. Si, avant 1940, on ne trouve généralement de la documentation sur ces poissons qu'en langue allemande, l'après-guerre a vu l'intérêt pour cette famille croître rapidement, pour connaître une expansion spectaculaire au début des années 70. Des associations se sont créées dans de nombreux pays du monde entier. Toutes ces associations travaillent en relations étroites qu'il s'agisse d'études, de maintenance et diffusion des espèces, d'échanges de conférenciers et de documentation ou d'organisation de congrès.
Famille
Les killis forment la famille des Cyprinodontidae ovipares et sont donc cousins éloignés des Cyprinodontidae ovovivipares (Guppy, Platy, etc... ).
Sous-famille
Cette famille se divise en huit sous-familles:
- - Aphaniidae
- Cyprinodontidae - Fluviphylacinae
- Fundulinae
- Orestiatinae
- Pantanodontinae
- Procatopodinae
- Rivulinae (ou Aplocheilinae)
Chaque sous-famille comprend un ou plusieurs genres, la plus importante étant celle des Rivulinae, où l'on rencontre des genres tels que:
- Aphyosemion - Nothobranchius
- Apolocheilus - Pachypanchax
- Austrofundulus - Pterolebias
- Cynolebias - Rivulus
- Epiplatys - Roloffia etc etc
Espèces
La soixantaine de genres décrits se compose de plus ou moins 700 espèces. De nouvelles espèces sont d'ailleurs découvertes chaque année. Certains genres sont très importants (les Aphyosemion à eux seuls représentent un tiers des espèces) ou très pauvres (une seule espèce chez Hylopanchax ). Plusieurs espèces peuvent être regroupées au sein d'une super-espèce, comme la super-espèce gardneri qui comprend Aphyosemion cinamomeum, Aphyosemion gardneri et Aphyosemion mirabile. Il serait beaucoup trop long d'énumérer toutes les espèces dans cet article, les principales seront étudiées par la suite
. Populations
La variation et l'individualisation de l'habitat (par exemple par séparation des mares à cause de la disparition des cours d'eau qui les reliaient, ou suite à la baisse des eaux consécutive à un assèchement progressif) ont provoqué un développement différencié des individus d'une même espèce au cours des millénaires (variation de couleurs, différenciations méristiques ou chromosomiques). Ces espèces ont formé des populations séparées souvent par quelques kilomètres seulement, et sont la plupart du temps interfertiles.
L'espèce Aphyosemion gardneri compte ainsi plus de vingt populations élevées par les amateurs, mais de nombreuses populations de gardneri n'ont pas encore été importées.
Pour résumer, nous pouvons prendre l'exemple suivant:
o Famille: Cyprinodontidae
o Sous-famille: Rivulinae
o Genre: Aphyosemion –
o Super-espèce: gardneri
o Espèce : gardneri
o Population: Misage
o Morphe :jaune
ce qui se traduit par (A.K.A.) : Gardneri-misage-yellow.......GAR MI Y

Maintenance
A. Dimension des bacs
La plupart des killis sont de petite taille (5-7 cm). Il n'est par conséquent pas nécessaire de les conserver dans de grands aquariums. Pour un couple ou un trio (un mâle et deux femelles) de taille normale, un bac de 10 ou 15 litres sera amplement suffisant. Les bacs seront de préférence en verre collé car la matière plastique ne résisterait pas longtemps à de nombreuses manipulations. Les avantages des petits bacs sont nombreux:
le killiphile se trouvera rapidement en possession d'une collection plus ou moins importante d'espèces différentes, et un mur de trois mètres peut suffire pour stocker sur des étagères une quarantaine de bacs.
Les manipulations, assez fréquentes, pour nettoyage ou déplacement des bacs seront beaucoup plus faciles.
Les poissons pourront être observés et nourris beaucoup plus facilement.
Les killis pondent quelques oeufs tous les jours, et non pas à des intervalles plus ou moins variables comme dans les autres familles. Un contact continu permettra des pontes plus importantes.
Il est également à remarquer que pour une espèce conservée, il faudra plusieurs bacs:
§ Un pour la maintenance du couple
§ Un (plus petit, éventuellement en matière plastique) pour l'éclosion
§ Un ou plusieurs bacs pour l'élevage des jeunes.
B. Plantation
Dans les bacs à Killis, le sol ne sera recouvert d'aucun substrat. Si on veut mettre des plantes pour une question d'esthétique, et surtout pour permettre à la femelle de trouver un refuge où elle se réfugiera de temps en temps, on n'utilisera que des plantes qui ne demandent pas de sol nutritif (par exemple: mousse de Java ou fougères diverses). µ
C. Eclairage
De nombreux killis n'appréciant pas tout particulièrement une forte lumière, il est préférable, plus facile et plus économique d'utiliser un système d'éclairage général du local où sont installés les aquariums.
D. Aération - Filtration
Ici, les avis sont partagés. Certains amateurs utilisent un petit diffuseur afin d'agiter la surface de l'eau et éviter ainsi la formation d'un voile bactérien. D'autres placent dans leurs bacs des petits filtres de coin, garnis de charbon de bois ou d'ouate de perlon.
Pour ma part, je n'utilise ni l'un ni l'autre, mais je siphonne régulièrement le fond du bac et j'écume la surface pour éliminer le voile bactérien.
E. Substrat de ponte
Certains killis sont des pondeurs de surface (Epiplatys). Pour eux, on utilisera soit les plantes flottantes (fougères, riccia) soit un petit écheveau de laine synthétique, appelé "mop" par les amateurs.
F. Qualités de l'eau
Les killis provenant d'endroits très différents, les qualités de l'eau varieront très fortement suivant les genres, et même les espèces. La plupart des Aphyosemion demandent une eau relativement douce (10-20° français) et un pH légèrement acide. Par contre, le Pseudepiplatys annulatus exige une eau beaucoup plus douce et plus acide. Quant à des genres comme Aphanius ou Cyprinodon. L’eau sera alcaline, dure et avec une adjonction parfois importante de sel (densité 1010 à 1025).,
G. Température
Il en est de la température comme des qualités de l'eau. Certains killis (Cynolebias, Jordanella •... ) verront leur vie fortement raccourcie s'ils sont gardés dans une eau maintenue à une température supérieure à 20-22°C, mais Pseudepiplatys annulatus exige 25°C. Quoiqu'il en soit, on peut dire qu'une température de +/- 22°C convient parfaitement pour la plupart des espèces. Si le local est chauffé en hiver, il n'est absolument pas nécessaire d'utiliser des résistances dans les bacs.
Maladies des killis
Quoique les killis soient très résistants, ils peuvent cependant être frappés par les mêmes maladies que les autres poissons d'aquarium; la plus fréquente de ces maladies est l'oodiniase, qui frappe plus particulièrement les Nothohranchius. Le meilleur remède est préventif: il consiste à utiliser, dès la naissance, une eau contenant une cuillerée à soupe de sel de cuisine pour IO litres d'eau. Si malgré tout une infection se produit (les poissons semblent saupoudrés de poivre fin), un remède du commerce ou le sulfate de cuivre (une goutte d'une solution à 10% pour IO litres d'eau, éventuellement une deuxième goutte après 24 heures) pourront être utilisés avec succès.
Une autre maladie qui se rencontre également chez les killis est l'hydropisie. Le ventre est gonflé, les écailles souvent soulevées et le poisson se tient amorphe dans un coin. Les killis atteints par cette maladie doivent être éliminés.
Il est également à noter que certains killis sont très craintifs et que le stress (par exemple lors de l'allumage brutal d'une pièce obscure) peut parfois les tuer.
Alimentation
Afin d'obtenir des poissons en bonne santé, aptes à la reproduction ,une nourriture vivante est indispensable dès le plus jeune âge.
infusoires Les infusoires ne sont nécessaires que pour les espèces dont les alevins sont très petits (Nothohranchius palmqvisti, Pseudepiplatys annulatus ... ). Ces infusoires pourront être cultivés ou produits par du riccia placé dans le bac d'éclosion.
Micro-vers - Artemia salina Les micro-vers et les nauplies d'artemias fraîchement écloses pourront être ~Utilisées comme nourriture pour les alevins de la plupart des espèces dès le premier Jour.
Pour tous les killis, jeunes ou adultes, toutes les nourritures vivantes pourront être utilisées: moustiques, drosophiles, daphnies, etc ...
En cas de disette, les mêmes nourritures surgelées seront acceptées. Mais il faudra veiller à ne pas suralimenter car, dans des petits bacs, le risque de pollution est très grand et l'excès de nourriture devra être siphonné après le repas. Il en est de même si on utilise de la nourriture sèche qui est acceptée par quelques espèces. Certains killiphiles habituent d'ailleurs leurs poissons à la nourriture sèche dès leur plus jeune âge vers de vase, vers Grindall, enchytrées, larves de. Habitués à une telle alimentation, les killis l'accepteront beaucoup plus facilement en cas de pénurie de nourriture vivante ou surgelée.
Les Aphvosemions
Dans la sous-famille des Rivulinae, le genre Aphyosemion est l'un des plus largement répandus. On dénombre actuellement une grande quantité d'espèces qui se rencontrent toutes en Afrique (Nigeria, Cameroun, Gabon, Congo ... ).
Ces killis sont ceux que l'on trouve le plus souvent chez l'amateur et nombreux sont les killiphiles qui ont débuté avec un couple d'Aphyosemion australe, A. bivittatum ou A.gardneri
....................A......A.australe ......................................................................Chr.bitaeniatum ijebu ode
Les Aphyosemion sont si nombreux qu'on est souvent tenté de former des groupes qui dépendent de certaines caractéristiques des poissons. Dans les expositions, concours des congrès, il est d'usage de les séparer en quatre groupes:
§ grands Aphyosemion
§ A. australe, A. bualanum et apparentés
§ Chromaphyosemion
§ autres petits Aphyosemion
Cette distinction est arbitraire et si l'on veut absolument les classer, on pourrait par exemple former 2 groupes:
§ les pondeurs de fond avec longue durée d'incubation des œufs
§ les pondeurs de pleine eau ou de surface avec courte durée d'incubation
Pondeurs de fond
Il s'agit de poissons que l'on fait pondre de préférence dans de la tourbe filamenteuse placée au fond du bac, mais qui, à défaut de ce substrat, pondront dans des plantes (mousse de Java, fougères) ou dans un "mop". On rencontre dans ce groupe des espèces telles que: A. arnoldi, A. cinnamomeum, A. filamentosum, A. gulare, A. !sjoestedti, A. walkeri, ...
La durée d'incubation des oeufs varie selon les espèces de 4 à 10 semaines. Les oeufs peuvent être conservés au sec ou laissés dans l'eau; dans ce dernier cas, la durée d'incubation sera un peu plus courte, mais il est préférable de les traiter comme les oeufs des espèces annuelles. On fera pondre les poissons sur de la tourbe; après 2 ou 3 semaines, cette tourbe sera examinée. Si on dénombre une quantité suffisante d’œufs, on presse la tourbe pour en extraire l'eau (les oeufs sont très résistants à l'écrasement) et on la place dans un sachet ou récipient en matière plastique avec indication de la date et de l'espèce. Lorsque le délai d'incubation est terminé, placer la tourbe dans l'eau. Les éclosions doivent se produire dans les quelques heures qui suivent. Cette méthode qui sera approfondie lorsqu'on parlera des espèces annuelles (Cynolebias, Nothobranchius) possède un grand avantage: toutes les éclosions se font en même temps, ce qui permet d'éviter le cannibalisme qui se produit lorsqu'on laisse les oeufs sous eau et que les éclosions s'étalent sur plusieurs semaines.
Si les oeufs ne sont pas pondus dans la tourbe, mais dans un "mop" ou dans la mousse de Java, ils peuvent être prélevés et placés dans de la tourbe humide, mais ce procédé est moins pratique.
Pondeurs de pleine eau et de surface
On classera dans ce groupe tous les autres Aphyosemion. On les fera pondre de préférence dans un "mop", mais de nombreuses espèces peuvent pondre dans la tourbe. La durée d'incubation de ces espèces est d'une quinzaine de jours, de préférence sous eau. Le "mop" est retiré lorsqu'on a observé un nombre d’œufs suffisant, et est placé dans un bac séparé.
Bien observer le "mop" : certaines espèces pondent tout en haut, près de la surface, d'autres au milieu ou en bas du "mop".
Certains amateurs font pondre dans la tourbe et conservent celle-ci à sec pendant
une quinzaine de jours, en utilisant la même méthode que pour les pondeurs de fond.
Dans ce groupe, on classera des espèces telles que: A. australe, A. celiae, A. cyanostictlum, A. exigluum, A. georgiae, A. marmoratum, A. mirabile, A. striatum etc ...
On y classera également les espèces Chr. bivittatum, A. bualanum et A. gardneri qui comportent un grand nombre de sous-espèces et de populations. Certains amateurs, et non des moindres, ont fait leur spécialité d'une de ces espèces.
Fabrication D’un,« MOP »
...... 
Ce terme « MOP » revient souvent dans les textes se rapportant à la killiphilie. Il provient de l’anglais et signifie approximativement balais ou torchon, il s’agit d’un petit écheveau de laine fabriqué de la manière suivante.
1. Utiliser une laine de n’importe quelle couleur mais synthétique ,une laine naturelle se décolorera et pourrira rapidement
2. Découper un morceau de carton dont les dimensions correspondront à la grandeur du "mop".
3. Enrouler la laine de façon bien serrée autour du carton; plus le nombre de spires sera élevé, plus le "mop" sera touffu.
4. prendre une rondelle de liège (bouchon) ou de polystyrène de 5 à 10 cm de diamètre. Creuser un sillon sur le pourtour.
5. Glisser un morceau de laine entre le carton et les spires de laine. Retirer ou plier le carton en essayant de ne pas déformer le travail. Enrouler le morceau de laine dans le sillon autour de la rondelle support et le nouer
6. Couper les boucles du bout du "mop".
Les killis annuels
Dans ce groupe, on trouve en Afrique les Nothohranchius

et en Amérique du sud les Cynolebias

S.fulminantis
, Pterolebias, Austrofundulus, Rachovia et Terranatos. Ces poissons sont appelés annuels à cause de leur court cycle de vie. ils naissent, croissent, se reproduisent et meurent en moins d'un an. Cette brièveté de la vie s'explique quand on étudie le milieu dans lequel se trouvent ces killis. On les rencontre en effet la plupart du temps dans des mares d'eau stagnante, temporaires dont le diamètre peut varier de quelques centaines de mètres à quelques décimètres.
Reproduction dans la nature
Pour se reproduire, les Nothohranchius et autres annuels s'enfoncent dans la vase couvrant le fond de leur mare et y pondent. Lorsque survient la saison sèche, les mares tarissent petit à petit et les poissons meurent par suite de la raréfaction de l'oxygène dans l'eau. Quand les mares sont complètement asséchées, les oeufs, très résistants, survivent dans un sol qui est craquelé en surface, mais qui conserve une certaine humidité en profondeur. A ce moment, les oeufs se développent de trois manières différentes (diapauses) :
- certains oeufs restent cristallins, sans trace de développement (oeuf dormant)
- d'autres présentent un début d'embryonnement, sans formation complète de la
larve qui occupe un arc de cercle de 180 degrés dans l’œuf (embryon dormant)
- la plupart des oeufs se développent jusqu'à la formation d'une larve complète (alevin dormant).
Après plusieurs mois va arriver la saison des pluies.
Les oeufs (stade alevin dormant) vont éclore rapidement et le cycle de vie va recommencer. Si, par malheur, les pluies sont trop faibles, les alevins vont mourir par manque d'eau, mais les oeufs qui étaient à la diapause 1/ (embryon dormant) vont reprendre leur développement jusqu'au stade alevin dormant et seront prêts à éclore lors des prochaines pluies. De même, les oeufs au stade diapause 1 vont passer à la diapause II.
Ce système, assez complexe, garantit la survie des espèces dans des régions où la saison des pluies est incertaine ou irrégulière.
Reproduction en aquarium
Pour la reproduction en aquarium, les amateurs vont plus ou moins imiter la nature.
Il n'est évidemment pas question d'utiliser de la vase comme substrat, car il ne serait pas possible de l'assécher correctement. A la place, on se servira de préférence de tourbe filamenteuse, couvrant le fond du bac, un coin seulement ou déposée dans un récipient en matière plastique.
Dans ce bac de 10 à 15 litres, on introduit un couple ou un trio (un mâle et deux femelles). Les poissons plongeront rapidement dans la tourbe pour pondre. Certains killiphiles préfèrent séparer mâle et femelle pendant une semaine ou deux avant de les réunir pour l'accouplement. Pour ma part, je sépare autant que possible (il faut de la place!)les couples tous les quinze jours (au moment de la récolte des oeufs) pour une semaine, afin de permettre à la femelle de se "regonfler" .
A intervalles réguliers, 15 jours ou plus, car les oeufs ne se développent pas lorsqu'ils sont laissés sous eau, on enlève la tourbe. Les oeufs restant au fond du bac sont siphonnés et placés avec les autres. Si le nombre d’œufs est suffisant (on peut dépasser la centaine en quinze jours), cette tourbe est pressée fortement pour en extraire le maximum d'eau (les oeufs sont très durs et résistent à une très forte pression). On laissera la tourbe sécher quelque temps jusqu'à obtention d'une humidité dite "tabac" (un tabac qui serait quand même trop humide pour être fumé!). La tourbe sera alors enfermée dans un récipient étanche, boîte ou sachet en matière plastique, sans être trop tassée afin de permettre la circulation d'air nécessaire au développement normal des oeufs. Le récipient sera bien scellé et on y collera une étiquette mentionnant l'espèce, la date de la récolte et, éventuellement, la date prévue pour la mise à l'eau. On le stockera alors à la température ambiante (20 à 25° C) mais dans une obscurité complète.
Eclosion des oeufs
Après un temps variant entre 3 et 8 mois selon l'espèce, les oeufs seront examinés. Un oeuf bien embryonné et ayant atteint son développement complet est de couleur brun foncé et on distingue très facilement à l’œil nu les yeux de l'alevin. La tourbe avec les oeufs sera placée dans un petit bac d'un litre ou un litre et demi (éclosoir). Normalement, tous les oeufs arrivés au stade final doivent éclore dans les 24 heures. Les naissances commencent d'ailleurs souvent après une ou deux heures et peuvent être observées très facilement: on voit d'abord la larve se retourner à de nombreuses reprises dans l’œuf pour finir par déchirer la coquille et sortir la queue en avant.
Si après 24 heures aucune éclosion ne s'est produite, il faudra les provoquer. Pour ce faire, il y a plusieurs systèmes:
1. placer un peu de nourriture sèche dans le bac
2. faire fondre dans le bac un peu de sucre!
3. introduire des infusoires
4. méthode la plus sûre: mettre les oeufs avec de l'eau dans un petit récipient exemple un verre A l'aide d'une paille, souffler pendant une ou deux minutes dans l'eau.
Toutes ces méthodes ont pour but de diminuer la teneur en oxygène de l'eau par accroissement de la quantité de dioxyde de carbone dissout. On va ainsi provoquer l'éclosion des oeufs.
Que l'éclosion ait lieu ou non, la tourbe avec les oeufs restants sera asséchée et stockée de nouveau pour nouvel essai après un mois.
Elevage
Les alevins de nombreuses espèces sont assez grands pour accepter des nauplies d'artemias salina dès la naissance. Pour certaines espèces (Nothobranchius rachovii. eggersi ... ) les infusoires et les micro-vers seront nécessaires pendant les premiers jours.
Les alevins seront maintenus dans le bac d'éclosion pendant 2 ou 3 semaines afin de permettre une bonne alimentation. Le bac sera rempli progressivement et il est conseillé de remplacer un tiers de l'eau tous les 2 ou 3 jours. Bien nourris, les poissons croissent rapidement et après 6 semaines, ils sont déjà aptes à la reproduction. A ce moment, il convient de séparer les mâles et les femelles afin de
Les Procatopus

Lors de la ponte, les oeufs ne sont pas déposés. mais projetés dans des crevasses ou ils vont se développer pendant deux semaines. Pour les faire se reproduire, certains killiphiles utilisent comme substrat une éponge naturelle dont les trouS serviront de cavités pour la ponte.
Les Procatopus sont très beaux, même s'ils ne présentent pas les couleurs brillantes de la plupart des autres ·genres. Ils ne se voient pas très souvent dans le hobby et ne sont pas recommandés aux débutants.
Les Fundulus
Poissons nord-américains demandant une eau salée à saumâtre (salinité de 1015 à 1020) et un pH alcalin.
Ils sont faciles à conserver et à reproduire.
Les Aphanius - Les Valencia
Se rencontrent autour de la Méditerranée, en Europe, en Afrique et en Asie. Peu colorés et demandant de l'eau saumâtre, on ne les trouve pas souvent chez les amateurs, mais il peut être intéressant de les chercher dans leur milieu pendant les vacances.
Les Cyprinodon
Cyp. nevadensis mionectes
Ces poissons sont peu colorés et s'adressent à des killiphiles moyens. Ils sont rarement présents dans les bacs des amateurs.
Les Epiplatys

Pse. annulatus
On peut classer à part Pseudepiplatys annulatus. C'est un killi de très petite taille (3,5 cm), agréablement coloré, dont trois populations ont été décrites: une de Monrovia au Libéria (la plus répandue), une de Kasewe en Sierre Leone et une de Conakry en Guinée. Ces populations ne se distinguent que par de légères différences dans la coloration des nageoires dorsale et anale. C'est un poisson assez délicat quant à la maintenance et à la reproduction et qui n'est pas conseillé aux débutants.
Les Aplocheilus

Les Aplocheilichthys
Poissons de petite taille. Pour les mœurs, voir Epiplatys. Ils sont originaires d'Afrique occidentale. Niveau: débutants à moyens.
Les Rivulus

Origine: Amérique du sud. Les habitudes de reproduction sont les mêmes que celles des Epiplatys. Poissons qui, pour la plupart, conviennent aux débutants.
Les Roloffia

Rol. Schmitti juarzon
De nombreuses fédérations ne reconnaissent pas le genre Roloffia comme valable; les Américains l'appellent Callopanchax, les Français le considèrent comme Aphyosemion, mais tout le monde utilise le nom de Roloffia!
Les Roloffia peuvent être divisés en deux grandes catégories:
1. Ie groupe occidentalis qui comprend occidentalis, toddi, monrovIae. Les modes de reproduction varient d'une espèce à l'autre. Occidenfalis est un pondeur de fond dont les oeufs demandent une incubation à sec de 6 mois, tandis que chez monroviae, cette durée d'incubation n'est que de 6 à 8 semaines. Les poissons de ce groupe sont de taille relativement importante.
2. Le groupe liberiensis qui comprend liberiensis, roloffi, chaytori, berfholdi, etc ... Ce sont des poissons qui pondent de préférence dans les plantes, mais qui peuvent pondre sur la tourbe. Les oeufs éclosent après une incubation de trois semaines. Ces Roloffia sont de taille plus petite que ceux du premier groupe.
NB Une nouvelle nomenclature a divisé le groupe roloffia en trois Callopanchax,scriptaphyosemion et archiaphyosemion
Il existe de nombreux autres genres tels Hypsopanchax, Pachypanchax, Oresfia, Medaka, Plataplochilus, Garmanella, Jordanella, etc ... que l'on rencontre plus rarement.

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